Les circuits courts alimentaires : vers une structuration de l’offre et de la demande

une contribution collective des trois parcs naturels régionaux du Nord-Pas de Calais et Espaces naturels régionaux

Le territoire du Parc naturel régional Scarpe-Escaut par sa particularité péri-urbaine se compose d’espaces aux dynamiques encore rurales et d’espaces centrés autour de noyaux urbains porteurs d’attentes multiples. Le grignotage du foncier agricole face au développement de l’urbanisation fragilise l’activité agricole (mitage de l’espace, fonctionnalité des exploitations…). Aussi, le développement des circuits courts peut être un moyen de conforter l’agriculture par une meilleure valorisation des productions. La présence de bassins de consommation à proximité, l’existence d’une agriculture diversifiée sont des atouts à valoriser.

Il s’agit donc pour le territoire de préserver les espaces agricoles et de développer une grande diversité de circuits courts adaptés à des identités culturelles et sociales très variées. La population du territoire du Parc étant très hétérogène, les modèles de circuits courts doivent en effet être diversifiés et adaptés à la demande.

Une étude pilotée par la fédération des Parcs et financée dans le cadre d’un appel à projet CASDAR à laquelle le PNR Scarpe Escaut participe est menée depuis 2010 sur le territoire : le projet LOCCATERRE. Celui-ci a pour objectif de développer une stratégie opérationnelle pour le développement des circuits courts adaptés au territoire et en identifiant les marges de manœuvre aux différentes échelles d’actions (associations, communes, intercommunalités…). Cette étude est menée pour le PNR Scarpe Escaut en partenariat avec le GRECAT et le CIVAM Nord Pas de Calais.

Constat : analyse de l’offre et de la demande sur le territoire

Analyse de l’offre

  • les circuits courts (CC) sont en général traditionnels et hérités des parents : 85% des CC ont toujours existé ou ont été créés à l’installation / 50% des CC existent depuis plus de 30 ans (1980) / Nouvel essor depuis les années 2000 (30% de création de CC depuis 2000) ;
  • Importance des installations en CC puisque la majorité des CC sont mis en place dès cette étape ;
  • 85% des circuits courts correspondent à la vente à la ferme. Les autres modalités sont plutôt méconnues des producteurs ;
  • Chiffre d’affaires (CA) total sur les 3 secteurs étudiés = 1,3 millions d’euros ;
  • CA moyens : Vente à la ferme = 16 700 € par exploitation ; vente sur les marchés = 19 000 € par exploitation et ventes en tournées = 33 000 € par exploitation. La vente en tournées est caractéristiques du territoire de l’ancien bassin minier ;
  • 30% de main d’œuvre familiale en circuits longs contre 60% en CC ;
  • Des CC économes en foncier : 25ha / UTH en CC contre 50ha / UTH en circuits longs

Analyse de la demande

L’étude montre que la majorité des consommateurs en CC recherchent avant tout un produit de qualité. Vient ensuite le lien avec le producteur. Finalement, très peu de notions sur la consommation responsable, solidarité producteurs – consommateur, soutien à l’économie locale ou encore préoccupations environnementales ne sont mises en avant.

Il semblerait que dans un contexte périurbain, la demande en produits locaux est inférieure à celle des pôles urbains puisque les arguments avancés par les consommateurs en milieu périurbain sont plutôt autour de la praticité de cet acte d’achat (proximité avec le producteur) et de la notion de produits de qualité plutôt qu’une réelle volonté de remettre en cause leur mode de consommation.

Il est toutefois impératif de trouver de nouvelles formes de circuits courts, car bien que les modalités dominantes aujourd’hui (ventes à la ferme, ventes en tournées) satisfont une grande partie de la demande, elles pourront difficilement se maintenir dans le temps car trop gourmandes en main d‘œuvre extérieure (importance de la pré

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