Mieux connaitre notre nature pour mieux la protéger !

une contribution du CPIE Chaîne des Terrils

Agir pour la protection et la valorisation du patrimoine naturel et renforcer la biodiversité du bassin minier

Agir pour la protection et la valorisation de la biodiversité est l’un des objectifs fondamentaux et fondateurs de notre association. Il y a plus de vingt ans déjà, cette mission animait les premiers bénévoles qui se regroupaient pour défendre les terrils et notamment pour préserver leurs formidables atouts écologiques. Ils se faisaient l’écho de remarques initiées dès la fin des années 60 par quelques rares naturalistes régionaux qui avaient décelé, dans ces dépôts de schistes miniers, le développement d’une faune et flore remarquables pour la région.

Notre association s’est appuyée sur ces années de militantisme, de sensibilisation, d’étude sur les terrils pour se forger une sérieuse connaissance et une solide expérience.

Si aujourd’hui, la protection et la préservation des terrils sont des notions acquises et appliquées, le chemin est encore long pour stopper l’érosion de notre biodiversité.

  • Nécessité de renforcer la prise de conscience et la culture de la biodiversité des élus et des décideurs : restitution orale de programmes d’inventaires, d’études naturalistes, formations et actions de sensibilisation, importance du cadre de vie.
  • Quelles sont les formes de restitution les plus appropriées, les moyens de communiquer ?

 » Bien et mieux connaitre notre nature pour mieux la protéger, tout en étant capable de prendre du recul afin d’évaluer nos actions »

Pour mener à bien cette ambitieuse et motivante mission, nous avons élaboré une stratégie déclinée en 3 sous-objectifs interdépendants de notre objectif fondamental :

  • connaitre, traiter et diffuser l’information naturaliste
  • mise en œuvre d’actions concrètes en faveur de la biodiversité (à tous niveaux avec une implication de tous les acteurs).
  • évaluation et suivi des opérations en faveur de la biodiversité

Connaitre, traiter et diffuser l’information naturaliste

Au sein du CPIE Chaîne des Terrils, plusieurs salariés, bénévoles et adhérents sont des naturalistes compétents dans différents domaines (botanique, ornithologie, mammalogie dont les chiroptères, herpétologie et entomologie dont notamment les coccinelles, les orthoptères, les odonates et les rhopalocères). C’est pourquoi, notre structure mène depuis 20 ans des inventaires, des suivis, des diagnostics écologiques sur l’ensemble du bassin minier (friches, boisements, marais et zones humides, délaissés, cavaliers, parcs et jardins des collectivités ou des particuliers).

Notre objectif aujourd’hui est d’avoir une vision la plus exhaustive possible de l’état de la biodiversité de notre territoire, de son évolution.

  • L’action de connaissance doit nécessairement s’inscrire dans la durée afin de mesurer l’état de la biodiversité sur les sites suivis (érosion…) et s’ouvrir à des groupes taxonomiques peu inventoriés.
  • La connaissance doit s’élargir à l’échelle du territoire afin de ne pas se focaliser sur les secteurs où siègent les plus grands enjeux de biodiversité (ex : Atlas de la Biodiversité des Communes où tous les territoires communaux sont inventoriés).
  • Il est nécessaire d’élargir les sources de producteurs de données naturalistes (sciences participatives sous couvert de formation des personnes qui récoltent les données).
  • Il est nécessaire de structurer le réseau naturaliste (en cours : RAIN) et améliorer la diffusion et restitution aux différents publics et adapté à chaque public.

Une bonne connaissance constitue le préalable obligatoire aux actions concrètes. Il est en effet nécessaire de pouvoir appréhender la répartition, l’évolution, les besoins des espèces animales et végétales de notre territoire afin de mieux cibler nos interventions et nos actions.

Cette connaissance passe par la mise en œuvre de suivis réguliers des sites, de programmes d’inventaires, l’implication dans des programmes naturalistes régionaux, nationaux voire internationaux (atlas de répartition, programme de baguage du CRBPO, suivis et études lancés par le Muséum d’Histoire Naturelle de Paris, Comptage international des Oiseaux d’eau hivernants…) et leur relais auprès du plus grand nombre. Nous envisageons également de poursuivre des actions plus ciblées sur certaines espèces ou groupe d’espèces (exemple : opération amphibiens, étude sur le Lézard des murailles).

Il convient ensuite d’être capable de traiter, de regrouper et d’archiver l’ensemble des informations récoltées sur le terrain. C’est pourquoi, nous avons développé des bases de données (base faune flore, grand catalogue des terrils) et un SIG adapté aux terrils, en évolution vers l’ensemble du territoire du Bassin Minier.

En parallèle, nous veillons à diffuser cette information. Des données qui dorment au fond d’un tiroir ou sur des disques durs ne sont pas utiles. C’est pourquoi nous développons des partenariats d’échange et de diffusion de données avec d’autres structures régionales. Nous alimentons annuellement le RAIN d’environ 3 000 données faunistiques. Notre ambition est d’accroître le nombre de données dans les années à venir.

La diffusion de l’information naturaliste ne doit pas uniquement concerner le public professionnel ou spécialisé. Nous essayons également d’offrir au grand public un accès à cette information (diffusion sur Internet ou borne interactive de l’écodiagnostic terril, organisation de conférences…). Cette démarche nous conduit également à impliquer le grand public dans des opérations d’inventaires de la faune et flore du bassin minier (ex : Inventaire des hirondelles sur Loos-en-Gohelle, Un Dragon dans mon Jardin…).

Mise en œuvre d’actions concrètes en faveur de la biodiversité (à tous niveaux avec une implication de tous les acteurs)

L’amélioration des connaissances et leur traitement constituent un préalable à des actions concrètes en faveur de la biodiversité. Notre ambition est d’agir efficacement et concrètement sur l’ensemble de notre territoire.

Le leitmotiv de notre projet pour les années à venir est  « agir partout et pour/avec tous ».

En effet sur un territoire comme le bassin minier, nous estimons que les actions pour la biodiversité peuvent (doivent) être faites à tous les niveaux, sur tous types de sites et par des acteurs multiples et variés.

Nos actions concerneront les sites à fortes valeurs écologiques (ENS, RNR), les sites de la TVB ainsi que des espaces moins exceptionnels par le niveau de rareté des espèces qui s’y développent mais sur lesquels la biodiversité s’exprime (friches, espaces délaissés, espaces verts des communes, zones d’activités et même jardins privés). Différents intervenants ou partenaires ont été identifiés en fonction du territoire d’action : élus, techniciens, industriels, habitants, étudiants, associatifs…

Nous envisageons également différents types d’interventions qui seront déclinés en fonction du site et du partenaire. Nous proposons soit des actions concrètes de protection ou de gestion par :

  • la mise en place de plans de gestion,
  • d’opérations d’aménagement,
  • d’opérations expérimentales et pilotes de gestion des terrils,
  • de chantiers de bénévoles,
  • de projet de mise en Reserve Naturelle Régionale de terrils,

soit des missions d’accompagnement, d’appui ou de conseil (conseil aux collectivités lors de la mise en place de gestion différenciée sur un territoire, d’élaboration de schéma de TVB,…).

Nous envisageons également une implication et une participation active des habitants à la préservation de la biodiversité, mais également dans les établissements scolaires ou au niveau des zones d’activités économiques ou commerciales.

Enfin, nous souhaitons également poursuivre des démarches menées depuis longtemps par notre CPIE : les missions de veille et de vigilance face aux projets néfastes ou problématiques pour notre biodiversité (ex: projet d’exploitation de terrils, de comblement de zones humides, de destruction d’espèces protégées…). Par son implantation locale et sa connaissance du territoire, notre CPIE est souvent aux avant-postes, régulièrement sollicité par des habitants, des communes ou par les services de l’état lors de projets en inadéquation avec la préservation de la biodiversité. Nous intervenons alors comme conseillers, experts, voire négociateurs/médiateurs afin de veiller à la prise en compte de la biodiversité et la gestion durable de notre territoire.

En ce qui concerne les projets de territoire TVB, les différentes échelles d’actions et le manque de cohérence entre les acteurs concernés complique sa réalisation. Pourquoi ne pas proposer, comme il existe des PLU communaux, des documents cadre à l’échelle régionale sur la TVB ? En cas d’action à l’encontre de ce document (construction d’infrastructure), il serait nécessaire de mener une action concertée pour tenter de limiter au maximum les nuisances occasionnées.

Evaluation et suivi des opérations en faveur de la biodiversité

Cette troisième partie consiste à évaluer l’efficacité des actions mises en œuvre sur le Bassin Minier. Il peut s’agir de différents types d’actions, soit menées directement par le CPIE, soit menées par d’autres acteurs ou partenaires.

Plusieurs méthodes d’évaluation sont envisagées en utilisant un panel d’outils et de techniques. Nous envisageons notamment de poursuivre :

  • l’évaluation biologique standardisée des terrils : méthode d’évaluation et de notation de tous les terrils du bassin minier mise en place en collaboration avec des structures wallonnes.
  • l’évaluation des fonctionnalités des corridors biologiques ou de la TVB, de l’efficacité de la gestion d’espaces naturels par l’utilisation du baguage d’oiseau ou la mise en œuvre d’opérations de radiopistage sur oiseaux ou mammifères.

Nous envisageons également de développer et tester des protocoles d’évaluation de la biodiversité sur les sites miniers ou autres sites naturels de notre territoire. Certaines expériences sont déjà en cours au niveau européen ou national. Nous souhaitons les adapter à notre territoire. Il est en effet particulièrement intéressant de pouvoir s’inscrire dans des procédures lancées à grande échelle afin de pouvoir comparer et échanger sur nos résultats.

Nos opérations d’évaluations sont également prévues dans un domaine plus sociologique qu’écologique, en essayant notamment de mieux cerner les attentes et les retours de la population du bassin minier sur les politiques environnementales (questionnaire destiné aux utilisateurs de la TVB).

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