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« Notre responsabilité est de nous impliquer pour les Objectifs du Développement Durable »

Le 29 juin, les membres de la Délégation Nord-Pas de Calais Rio+20 se réunissaient à l’Hôtel de Région pour un temps de décryptage sous le sceau du Nord-Pas de Calais. Myriam Cau, Vice-Présidente du Conseil Régional et Présidente du Cerdd, a rappelé l’enjeu à venir de la délégation, qui est de donner suite à ce Sommet de la Terre, pour atteindre une seconde étape du développement durable en Nord-Pas de Calais, mais aussi, pour ne pas risquer que l’ambition collective portée par les acteurs ne s’amenuise, « car l’histoire de notre développement a beaucoup usé notre territoire ».

Les membres de la Délégation, à l’instar de tous les acteurs qui se sont impliqués à chaque étape du projet Trajectoires Développement Durable, est d’offrir un socle toujours plus large pour la mobilisation des territoires, de la société civile et des entreprises pour atteindre cette seconde étape. Il s’agit désormais « de construire des modes de relation plus horizontaux avec un ensemble de partenaires » a affirmé Myriam Cau, avant de rappeler que 80 % des actions de développement durable étaient mises en œuvre par ces mêmes acteurs, et non pas par les états et les gouvernements dont la défaillance a été mainte fois soulignée.

« Il y a désormais une volonté commune d’établir des Objectifs du Développement Durable qui soient applicables à tous les pays du monde, et qui ne soient pas des objectifs de rattrapage comme le sont les OMD. Notre responsabilité est de nous impliquer pour que s’appliquent ces objectifs du développement durable qui nous seront proposés par l’ONU. »

Emmanuel Cau, Vice-Président du Conseil Régional, est revenu sur l’utilité d’une délégation régionale dans ces espaces de négociations internationales : « si comparaison est faite avec Copenhague, qui avait connu la mobilisation de toute la société civile, le déficit d’information et le manque de mobilisation étaient effectivement affligeants ». Mais l’élu a souhaité rappeler la responsabilité individuelle d’essayer, chaque fois que cela est possible, de changer les choses : surtout dans un lieu tel, où les représentants des gouvernements et autres acteurs internationaux sont accessibles.
Le rôle et la place des gouvernements locaux, qui avaient également été un des points saillants de Copenhague, fait l’objet d’une satisfaction partagée par Emmanuel Cau et Damien Carême, Conseiller régional et Maire de Grande Synthe : « il ne suffit pas de nous dire « oui, vous faites du bon travail » a affirmé Emmanuel Cau. Complété par Damien Carême : « Il faut aussi que les gouvernements prennent leur responsabilité, et ne laissent pas les villes, les territoires être les seules courroies de transmission vers la société civile, tandis que les états se renfermeraient sur eux-mêmes ».

« Nous faisons face à une urgence que l’on n’a jamais connue. Le changement climatique est aujourd’hui très inquiétant. Il faut vraiment qu’on y aille d’arrache pied, et que l’on s’engouffre tous dans le développement durable. Il faut que l’on soit très nombreux, pour aller vite. »

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Retour sur… le décryptage du 29 juin, à Lille : les engagements pour donner suite à Rio Par la délégation Nord-Pas de Calais Rio+20

Myriam Cau pour le Conseil Régional Nord-Pas de Calais : « Définir des objectifs de développement durable quantifiés en région en lien avec ceux qui seront développés par les Etats à l’horizon 2015. »

Emmanuel Cau pour le Conseil Régional Nord-Pas de Calais : « Être actif sur les 3 prochaines années sur les Objectifs du DD et en partenariat avec le Sud en s’appuyant sur nos coopérations avec nos amis Maliens, Sénégalais, Malgaches, Marocains et Brésiliens. »

Nicole Taquet pour le Conseil Régional Nord-Pas de Calais : « Convaincre et innover en matière de démocratie participative , pour engager le plus grand nombre à la prise de décision politique. »

Angélique Vincent pour Lianes Coopération: « Promouvoir l’idée selon laquelle tout projet de développement international doit contenir des objectifs d’engagements concrets pour le développement durable. »

Jacques Parent pour le Conseil Général du Nord : « Organiser en novembre prochain à Lille, en collaboration avec l’Association des Départements de France, un colloque sur le thème du Développement Durable. Il y sera question des Objectifs de Développement Durable (ODD) prévu dans le texte issu du Sommet de la Terre. »

Benoit Bourel pour l’Institut du Développement Durable et Responsable : « Intensifier la mobilisation de l’Université Catholique de Lille et de son réseau d’acteurs dans la dynamique Trajectoires DD en NPdC et au-delà ! »

Claude Lenglet pour le World Forum Lille : « Se donner les moyens, la disponibilité, pour bâtir un dialogue public/privé sur la thématique du développement durable avec un acteur public privilégié : la Région représentée par le Cerdd »

Didier Cousin pour Gaz réseau Distribution France : « Faire du Nord-Pas de Calais le lieu incontournable de l’écologie industrielle en miroir à l’absence de débat sur les nouveaux modèles économiques à Rio »

Christian Du Tertre pour Atemis : « constituer un réseau de collectivités territoriales intéressées à approfondir et préciser leur dynamique de développement durable et à s’entourer d’entreprises partenaires (s’engageant elles-mêmes dans un changement de modèle économique). »

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Retour sur le side event officiel organisé par le Cerdd le 21 juin au Barra Arena Territoires en transition : les enseignements des crises

Par Marie Décima, chargée de mission environnement au Cerdd

L’objectif du Cerdd, à travers ce side event, était de montrer les enseignements des territoires en crise et les innovations qu’ils ont pu développer pour sortir de ces crises, quelles qu’elles soient. Il ne s’agissait surtout pas de donner des leçons (même si la traduction anglaise est équivoque!), mais bien de partager des parcours, des mécanismes qui nous amènent, chacun dans notre pays, à mieux interroger nos choix de développement. Le choix a été fait de rassembler plusieurs territoires ayant vécu ou faisant l’expérience de crises, et ayant entamé leur transition : le Nord-Pas de Calais, Bruxelles-capitale, la Wallonie, le Minas Gerais (état du Brésil engagé dans une coopération avec le Nord-Pas de Calais) et le Pernambuco, région du Brésil souvent confrontée aux phénomènes de sécheresse.

Nos histoires nous enseignent à chacun différentes choses. Les crises que certains territoires ont traversé, qu’il s’agisse du déclin d’une activité économique ou des problèmes environnementaux liés à la survie des populations, révèlent les faiblesses et incitent à inventer et à améliorer la gestion des territoires.
Les crises livrent ainsi aussi les enseignements et les opportunités à innover, à améliorer la gestion des territoires. Elles nous ont également révélé que « le repli sur soi » n’était pas la solution.

Nord-Pas de Calais : la gestion de crise après la fin de l’activité minière
Intervention de Marie Décima, chargée de mission environnement au Cerdd

En région Nord-Pas de Calais, c’est la question de l’irréversibilité et de l’énergie aujourd’hui dévolue à mieux appréhender le long terme et à mieux anticiper l’avenir pour éviter le «  plus jamais ça » souvent exprimé par les élus de notre région. Il s’agit aujourd’hui de s’engager dans un développement mieux adapté, pour réduire les inégalités et garantir la préservation des équilibres naturels.
C’est pourquoi, le Nord-Pas de Calais, dans ses orientations, se questionne sur ce qui fait réellement richesse, de manière à échapper aux lacunes du PIB (produit intérieur brut) : comment intégrer les biens communs dans le développement économique ? Elle a ainsi travaillé sur les nouveaux indicateurs de richesse. Pour exemple, mesurer l’Indicateur de Développement Humain (IDH) en région Nord-Pas de Calais a permis de s’apercevoir que l’espérance de vie était de 2,7 ans de moins par rapport aux autres régions de France. Ceci a amené à développer des projets de recherche sur le cancer, sur le lien entre cancer et environnement, sur les maladies chroniques spécifiques à la région…

  • L’innovation, l’expérimentation et la diffusion d’expériences composent certains des atouts de notre région avec la Haute Qualité Environnementale, l’écologie industrielle ….
  • Pour ne pas revivre les problèmes économiques, sociaux et environnementaux qui marquent encore nos territoires, notre région a pris le parti de s’investir fortement dans le développement d’outils de prospective (observatoires, recherches…).

Ces processus se sont, pour un certain nombre, déroulés sur un mode participatif, autour de forums, qui visaient à anticiper sur notre trajectoire régionale et à co-construire les solutions les plus appropriées à notre contexte : politique régionale de démocratie participative, directive régionale d’aménagement (DRA)…

Bruxelles capitale promeut un développement urbain soutenable
Intervention d’Evelybne Huytebroeck, Ministre de l’Environnement, de l’Énergie et du Renouvellement Urbain de Bruxelles-capitale

Bruxelles capitale a également analysé son contexte pour proposer des solutions à la fois techniques et sociales. En effet, les inégalités sociales sont importantes à Bruxelles, entre le centre, souvent habité par des populations plutôt modestes, et les populations aisées, habitant en périphérie.
Plusieurs objectifs ont été définis pour réduire ces inégalités :

  • des projets d’amélioration du bâti,
  • un projet de ceinture verte, mais aussi de jardin au centre de Bruxelles, sorte d’espace d’aménité pour les enfants, 
  • un programme sur l’alimentation durable pour plus de potagers bio voir même investir les toits avec un projets de « Urban Farms on the roof » (cf. Expériences à New York).

Evelyne HUYTEBROECK, nous explique que ces projets abordent les questions sociales et économiques en même temps. En ce qui concerne l’amélioration du bâti, trois niveaux d’intervention sont proposés :

  • informer pour améliorer l’isolation des bâtiments et réduire la consommation d’énergie.
  • promouvoir l’investissement par des subventions croissantes selon le degré d’amélioration de l’habitat.
  • la régulation : proposition de nouvelles lois sur les bâtiments passifs.

A signaler sur ce dernier point que Bruxelles capitale possède les compétences pour adopter les lois appropriées. Ce point est une marge de progression à imaginer dans les régions françaises dont les leviers de régulation sont encore limités pour adopter des solutions appropriées localement.

La Région Wallonne, région industrielle du sud de la Belgique : enseignements de la crise et opportunités de nouveaux emplois
Intervention de Nicolas Pirotte, chef de cabinet de Jean-Marc Nollet, Ministre du Développement Durable du gouvernement Wallon

La Région Wallonne, à l’instar de la région Nord-Pas de Calais, a également connu un déclin de ses activités économiques liées à l’exploitation minière et à la métallurgie.  Les constats sociaux, économiques et environnementaux ont amené le gouvernement Wallon a un programme nommé « Plan Marshall » qui a pour objectif de faire de l’amélioration de l’environnement une source d’opportunités économiques et de création d’emplois. Ce plan comprend plus de 50 mesures et regroupe une quarantaine de partenaires. La Wallonie s’engage sur 3 fronts :

  • stimuler la demande de rénovation et de construction durable de bâtiments privés et publics
  • renforcer l’offre et les capacités du secteur de la construction ;
  • développer les compétences pour un vaste programme de formation.

Nicolas Pirotte insiste sur les aspects Win-Win de cette démarche nommée également « Alliance Emploi-Environnement », une alliance entre les secteurs publics et privés qui fait écho à l’un des grands enseignements de Rio : le succès et la nécessité de généraliser localement ce type d’alliance et de partenariats multipartites…

Les mosaïques d’aires protégées pour protéger la biodiversité du Minas Gerais
Intervention de Marcos Affonso Ortiz Gomes, responsable exécutif de l’institut gouvernemental de la Forêt de l’État du Minas Gerais

Le Minas Gerais, un état du Brésil engagé dans une coopération internationale avec la région Nord-Pas de Calais, connaît un contexte similaire à notre région avec une intense exploitation minière et gazière de cette grande région. Le Minas Gerais exploite des ressources minières et le gaz, dans un état dont le potentiel écologique est très riche. L’activité économique qui s’y développe peut créer des pressions sur ces espaces et ces écosystèmes : les migrations humaines, l’activité économique… mais cause également des pressions sociales avec des inégalités très fortes au sein de ce grand territoire.

Marcos Affonso Ortiz Gomes a pour objectif de promouvoir et de conduire des politiques relatives à la forêt, à la pêche et à l’aquaculture durable dans l’État de Minas Gerais. L’enjeu de ces politiques est d’assurer la préservation et la conservation de la végétation (notamment par la réalisation d’une cartographie de la végétation et d’un inventaire forestier du Minas Gerais), pour le développement durable des ressources naturelles renouvelables, pour la recherche en biomasse et biodiversité… 
Marcos Affonso tente de diminuer les risques de dommages à ces surfaces de biodiversité – qu’il considère d’une utilité publique pour le long terme – et développe en parallèle des projets sociaux environnementaux pour développer une diversité d’emplois. Il développe notamment des projets agricoles en lien avec la biodiversité : miel, confiture avec les fruitiers et propose une marque de produits alimentaires locaux.

Les engagements politiques, techniques et financiers pour l’amélioration de la résilience du territoire du Pernambuco : exemples de la gestion de l’eau et de la sécheresse
Intervention d’Helio Gurgle Cavalcanti, Président de l’association environnement des gouvernements brésiliens (ABEMA) et Directeur-Président de l’l'Agence environnementale du Pernambuco

Le Pernambuco est un état du Brésil situé au Nord Est. Ce territoire vit des périodes de sécheresse importante à l’intérieur des terres, qui entraînent des mouvements de migration des populations de cette région. Leur migration les amène souvent dans des situations de précarités, lorsqu’ils s’installent, par défaut dans les périphéries des grandes villes. Une situation sociale jugée difficile par Helio Gurgle Cavalcanti : c’est pourquoi, l’association ABEMA, en partenariat avec NRG4SD, développe un grand projet de transposition d’une infrastructure d’acheminement de l’eau pour alimenter cette zone désertique et d’autres états Brésiliens alentours. Cette infrastructure est composée d’aqueducs (1030 km), d’énormes tuyaux souterrains… Un projet gigantesque et vraisemblablement peu soutenable du point de vue de l’environnement, mais quels autres choix pour ces populations ? L’enjeu pour le Pernambuco est avant tout social, pour permettre le maintien des populations sur le territoire.

Comment l’ensemble de nos intervenants ont-ils appréhendé leur contexte de crise ?
Des enjeux incontournables :

  • les inégalités sociales
  • l’alimentation
  • les stratégies de réduction des émissions de gaz à effet de serre 
  • et la biodiversité comme support de durabilité.

Après l’analyse de leur contexte, l’expression des problèmes sociaux se greffent à des réponses :

  • environnementales : santé/environnement, migration /accès à l’eau, pauvreté/accès à la nature et à une agriculture vivrière.
  • Et économiques : développement d’emploi liée à la promotion de filières innovantes (ex : filière bâtiment HQE, emploi lié à une agriculture locale dans des secteurs urbains ou très industrialisés…)

Enfin, ces territoires ont exprimé des besoins d’outils de régulation (ou de législation) qui ne sont pas à la portée de toutes les institutions, notamment locales.

Les premiers enseignements de ces crises amènent souvent à déployer une vision transversale, prospective, collective… mais en aucun cas n’a conduit à « un repli sur soi ».

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Les membres de la délégation livrent leur point de vue sur…

« un nouveau modèle de développement économique pour la Ville Durable … »

Une vidéo diffusée sur http://www.tvrioplus20france.org

Du local au global du global au local : le développement durable, facteur de résilience…

Une vidéo diffusée sur http://www.tvrioplus20france.org

Décryptage des négociations avec Pierre Radanne

 

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Les syndicats, unis, remportent à Rio+20 la promesse d’une protection sociale universelle

Par la délégation Nord-Pas de Calais

Parmi les avancées les moins souvent évoquées de Rio, la première participation véritablement structurée (bien que des lacunes soient encore à déplorer…) des syndicats à un Sommet de la Terre a fortement contribué à une meilleure prise en compte de la question sociale et de celle du travail. Bernadette Ségol, Secrétaire Générale de la Confédération Européenne des Syndicats, en témoignait dès le mois de mai dans une vidéo sur Développement durable TV : « il n’y a pas de participation active des syndicats dans le développement durable. Pour avoir une gouvernance solide, il faut que les questions sociales soient parties intégrantes de l’environnement ».

Rio+20 a démarré, pour près d’une centaine de syndicats en provenance de 70 pays, par une Assemblée Générale de la Confédération Syndicale Internationale (CSI). Celle-ci a été saluée pour son travail remarquable, qui a su dépasser les clivages existants, entre Nord et Sud, mais aussi entre réformistes et progressistes.Les Syndicats ont ensuite participé aux Dialogues de Rio, du 16 au 19 juin, ainsi qu’au Sommet des Peuples, du 15 au 23 juin. Enfin, une table-ronde « Agir pour une transition juste et un travail décent dans nos territoires et nos entreprises » (dont la retransmission audio peut être écoutée sur le site www.tvrioplus20france.org) a été réalisée avec la CGT sur le Pavillon français le 15 juin, en présence de la Secrétaire Générale de la CSI, Sharon Burrow.

La CSI a porté, pendant ces deux semaines de participation à Rio, trois propositions qui regroupaient la revendication d’un socle de protection sociale universelle, du travail décent et de l’émancipation des femmes. La taxe sur les transactions financières. Au final, les deux premières propositions, assorties du thème de la « transition juste », ont été intégrées dans le texte de la Déclaration finale. Un plan de travail et le rôle de l’OIT ont également été formellement inscrits.

Si les syndicats peuvent aujourd’hui exprimer leur satisfaction vis-à-vis de l’écoute manifestée par les gouvernements à l’encontre de leurs propositions, leur bilan de ce Sommet de la Terre est beaucoup plus proche de la déception manifestée par les ONG. Dans une déclaration datée du 22 juin, à l’issue du Sommet, le CSI souligne « les catastrophes naturelles rendront impossible toute garantie d’une protection sociale universelle. L’absence de nouveaux engagements d’investissements dans l’énergie renouvelable, le transport ou l’efficacité énergétique ne résoudra pas la crise du chômage. Aucun engagement à des sources innovantes mondiales de revenus, qui pourraient être générées par une taxe sur les transactions financières, n’annule une réelle capacité à financer des actions pour le développement durable. ».

Rendez-vous ici pour télécharger le texte complet de la déclaration de la CSI du 22 juin

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Extraits de la Déclaration finale, « le futur que nous voulons » : les paragraphes sur la promotion du plein emploi et de l’emploi productif, du travail décent pour tous et de la protection sociale

147. Nous reconnaissons que l’élimination de la pauvreté, le plein emploi productif et un travail décent pour tous, ainsi que l’intégration et la protection sociales sont indissociables et se renforcent mutuellement, et qu’il faut donc créer un environnement propice à la réalisation de ces objectifs à tous les niveaux.

148. Nous sommes préoccupés par la situation du marché du travail et le manque généralisé d’offres de travail décent, en particulier pour les jeunes des deux sexes. Nous exhortons tous les gouvernements à s’attaquer au problème mondial de l’emploi des jeunes en arrêtant et en appliquant des stratégies et des mesures pour donner aux jeunes du monde entier accès à un travail décent et productif, car il faudra, au cours des prochaines décennies, créer des emplois décents pour pouvoir garantir le développement durable et sans exclusion et réduire la pauvreté.

149. Nous reconnaissons qu’il importe de créer des emplois en réalisant des investissements et en créant non seulement des infrastructures économiques et sociales solides, efficaces et effectives mais aussi des capacités de production pour le développement durable et pour une croissance économique soutenue, sans exclusion et équitable. Nous appelons les États à accroître les investissements dans les infrastructures en faveur du développement durable et nous nous engageons à soutenir les fonds, programmes et organismes des Nations Unies pour appuyer et promouvoir les efforts déployés par les pays en développement, en particulier les pays les moins avancés, dans ce domaine.

150. Nous reconnaissons qu’il importe de créer des emplois en adoptant des mesures macroéconomiques tournées vers l’avenir qui soutiennent le développement durable et mènent à une croissance économique durable, sans exclusion et équitable, créent de nouvelles possibilités d’emploi productif et favorisent le développement agricole et industriel.

151. Nous insistons sur la nécessité de promouvoir l’emploi et les possibilités de revenus pour tous, en particulier pour les femmes et les hommes vivant dans la pauvreté et, à cet égard, nous soutenons les efforts nationaux déployés en vue de créer de nouveaux emplois pour les pauvres dans les régions rurales et urbaines, y compris l’appui apporté aux petites et moyennes entreprises.

152. Nous reconnaissons que les travailleurs devraient avoir accès à l’éducation, à l’acquisition de compétences, aux soins de santé, à la sécurité sociale, aux droits fondamentaux sur le lieu de travail, à la protection sociale et juridique, y compris à la sécurité au travail et à la santé, et à des possibilités de travail décent. Les gouvernements, les syndicats et les travailleurs ainsi que les employeurs ont tous un rôle à jouer dans la promotion du travail décent pour tous, et devraient tous aider les jeunes à acquérir les compétences nécessaires et à trouver un emploi, notamment dans les secteurs nouveaux et émergents. Les femmes devraient pouvoir acquérir des compétences professionnelles dans les mêmes conditions que les hommes et bénéficier de la même protection sociale. Nous reconnaissons l’importance d’une transition juste prévoyant des programmes destinés à aider les travailleurs à s’adapter à l’évolution du marché du travail.

153. Nous reconnaissons également que le travail informel non rémunéré, accompli essentiellement par des femmes, joue un très grand rôle dans le bien-être des populations et le développement durable. À cet égard, nous nous engageons à œuvrer à la création de conditions de travail sûres et décentes et l’accès à la protection sociale et à l’éducation.

154. Nous reconnaissons que les possibilités de travail décent pour tous et la création d’emplois sont envisageables grâce, notamment, à des investissements publics et privés en faveur de l’innovation scientifique et technologique, des travaux publics de restauration, régénération et conservation des ressources naturelles et des écosystèmes, et des services sociaux et collectifs. Nous jugeons encourageantes les initiatives publiques de création d’emplois pour les pauvres dans le secteur de la remise en état et de la gestion des ressources naturelles et des écosystèmes, et nous encourageons le secteur privé à contribuer au travail décent pour tous et à la création d’emplois pour les femmes comme pour les hommes, et en particulier pour les jeunes, notamment dans le cadre de partenariats avec des petites et moyennes entreprises et des coopératives. À cet égard, nous reconnaissons l’importance des efforts déployés en vue de promouvoir l’échange d’informations et de connaissances sur le travail décent pour tous et la création d’emplois, y compris les initiatives pour des emplois verts et des compétences connexes, et de faciliter l’intégration des données utiles dans les politiques nationales économiques et en matière d’emploi.

155. Nous encourageons le partage d’expériences et de pratiques de référence sur les moyens de faire face au chômage élevé et au problème du sous-emploi, en particulier chez les jeunes.

156. Nous insistons sur la nécessité d’apporter une protection sociale à tous les membres de la société, en encourageant la croissance, la résilience, la justice sociale et la cohésion, y compris pour ceux qui ne sont pas employés dans l’économie formelle. À cet égard, nous encourageons fortement les initiatives nationales et locales visant à offrir un socle de protection sociale à tous les citoyens. Nous préconisons un dialogue mondial sur les pratiques de référence pour les programmes de protection sociale qui tienne compte des trois dimensions du développement durable et, à cet égard, nous prenons note de la recommandation 202 de l’Organisation internationale du Travail concernant les socles nationaux de protection sociale.
La Recommandation concernant les socles nationaux de protection sociale, 2012 (No. 202) a été adoptée par la Conférence internationale du Travail (CIT) en juin 2012. Elle exprime l’engagement des Etats Membres dans l’élaboration de systèmes de sécurité sociale complets et l’extension de la couverture de sécurité sociale, en accordant la priorité à l’établissement de socles nationaux de protection sociale. Elle vient compléter les Conventions et Recommandations déjà existantes de l’OIT sur la sécurité sociale.

La Recommandation fournit aux Membres des orientations pour :

  • établir ou maintenir des socles de protection sociale en tant qu’élément fondamental de leurs systèmes nationaux de sécurité sociale ;
  • mettre en œuvre les socles de protection sociale dans le cadre de stratégies d’extension de la sécurité sociale qui assurent progressivement des niveaux plus élevés de sécurité sociale au plus grand nombre de personnes possible, selon les orientations données par les normes de l’OIT relatives à la sécurité sociale.
  • Cliquer ici pour télécharger le texte de la recommandation 202 de l’OIT

157. Nous demandons aux États de promouvoir et de défendre efficacement les droits de l’homme et les libertés fondamentales de tous les migrants, en particulier les femmes et les enfants, quel qu’en soit le statut migratoire, et de traiter la question des migrations internationales par la voie de la coopération et du dialogue au plan international, régional ou bilatéral et d’une manière globale et équilibrée, en tenant compte du rôle et des responsabilités des pays d’origine, de transit et de destination dans la promotion et la défense des droits de l’homme de tous les migrants et en évitant les démarches qui pourraient rendre ces derniers encore plus vulnérables.

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Retour sur l’Atelier Autogéré « initiatives citoyennes en Europe en faveur de l’accès au foncier agricole pour une agriculture plus durable » au Sommet des Peuples à Rio de Janeiro, le mardi 19 juin

Par William Loveluck, Terre de Liens

La récente crise alimentaire (et la hausse des prix alimentaires qui lui a succédé) et la crise économique et financière (crise immobilière puis crise du crédit hypothécaire aux Etats-Unis notamment) ont participé à faire évoluer les stratégies économiques de certains pays vers une politique d’accaparement des terres agricoles. Il s’agit généralement de pays très dépendants des importations alimentaires, et dont l’économie est fortement indexée sur le dollar, comme certains pays du Moyen-Orient, ou encore des pays en forte croissance démographique et économique (avec l’artificialisation des terres agricoles qui s’y est associée) comme la Chine et l’Inde.

La présentation exposée au sommet des peuples s’est déroulée en trois temps :

  • l’analyse de l’association Agter concernant le phénomène d’accaparement des terres à l’échelle globale,
  • la capitalisation d’expériences d’initiatives citoyennes en faveur de l’accès au foncier à l’échelle européenne du groupe de travail « Forum Synergies »,
  • et enfin la présentation de l’initiative nationale (et régionale) du mouvement Terre de Liens en France.

Agro-industrie et accaparement des terres

Les États négocient généralement politiquement l’accès au foncier et les droits d’investissements avec les pays ciblés (pays d’Afrique, d’Amérique du Sud et d’Asie du Sud plus particulièrement), puis des acteurs privés opèrent, court-circuitant parfois des modalités traditionnelles de gestion collective de la terre. De grands fonds d’investissement ont récemment réorienté leur portefeuille en direction du secteur agricole, et l’achat de terres agricoles en particulier. Les négociations se font généralement avec, en trame de fond, un discours de la part des Etats ou des investisseurs privés d’appui au développement local, ou des négociations commerciales concernant l’énergie de la part des pays du Golfe. Les terres sont ensuite exploitées par des groupes agro-industriels y pratiquant malheureusement une agriculture peu précautionneuse de l’environnement et de la souveraineté alimentaire des communautés locales…

Toutefois, le phénomène ne se limite pas aux pays du Sud, et même s’il prend une forme différente en Europe, la pression accrue sur les terres agricoles et la production alimentaire y est aussi une réalité. Après la seconde guerre mondiale, la politique d’intensification agricole menée en Europe a augmenté en même temps le niveau de capitalisation des fermes et leur taille. Si bien que l’accès à l’outil de production agricole devient de plus en plus complexe aujourd’hui… Les implications sont multiples : le nombre d’actifs agricoles ne cessent de diminuer (200 fermes disparaissent chaque semaine en France) et la population agricole peine à se renouveler en Europe avec 55% des agriculteurs âgés de plus de 55 ans et seulement 6% d’entre eux âgés de moins de 35 ans.

Réponses collectives et citoyennes

Face à ce constat, portées par le développement de nombreuses initiatives citoyennes visant à se rapproprier la question alimentaire (groupement de consommateurs avec les AMAP – Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne -, implications d’habitants dans la certification participative en agriculture biologique…), des initiatives de citoyens ont émergé en Europe. L’un des dénominateurs communs est de favoriser l’accès au foncier agricole à des cultivateurs pratiquant une agriculture soucieuse de l’environnement (généralement répondant au cahier des charges de l’agriculture biologique ou s’en approchant) et connectée au territoire (circuits de distribution courts notamment).

Ces initiatives européennes prennent principalement deux formes :

  • soit des initiatives centrées autour d’une ferme, rassemblant des citoyens sous forme de coopératives d’acquisition de foncier qui mettent la terre à disposition d’un agriculteur (sous forme de bail généralement),
  • soit sous une forme plus structurée, à l’échelle régionale ou nationale, sous des formes juridiques variées mêlant coopératives, sociétés financières solidaires, et associations.

La finance solidaire pour l’accès au foncier agricole

Terre de Liens est un exemple d’initiative à l’échelle nationale en France. L’association est née de la rencontre de mouvements d’éducation populaire, d’organisations liées à l’agriculture biologique et biodynamique (avec la représentation de groupement de producteurs comme de distributeurs) et de structures issues de l’économie solidaire et de la finance éthique. La gouvernance de l’association (à l’échelle nationale comme à l’échelle régionale) traduit l’ensemble de ces sensibilités.

L’association, pour servir son projet associatif, a développé deux outils de finances solidaires :

  • La foncière Terre de Liens, société en commandite par action (SCA) permettant de rassembler l’épargne solidaire de citoyens avec laquelle elle peut procéder à l’acquisition de foncier agricole (terre et bâti). Initiée en 2007, la Foncière Terre de Liens a permis de récolter 25 millions d’euros, et financé l’acquisition de 100 fermes paysannes en France, représentant 2200 hectares.
  • le Fonds de dotation Terre de Liens, préfigurant une fondation en cours de reconnaissance d’utilité publique, permettant de recevoir des dons et des legs de foncier agricole ou des dons numéraires.

Les deux outils louent ce foncier agricole à des agriculteurs et l’usage des terres est encadré par des clauses environnementales, discutées entre l’agriculteur et Terre de Liens. Les terres sont destinées à être préservées dans leur vocation agricole sur le long terme, au-delà de la simple carrière d’un agriculteur.

Le fonctionnement associatif, tout comme le fonctionnement des outils financiers solidaires, repose sur une mobilisation bénévole forte. es associations en région travaillent à la sensibilisation, la formation et l’implication des citoyens à différentes échelles territoriales. Terre de Liens participe par ailleurs au débat public en capitalisant et en diffusant les initiatives de collectivités ayant mis en œuvre des politiques intéressantes en faveur de l’accès au foncier agricole au bénéfice de formes d’agriculture plus durables.

Cet atelier, qui n’a pas rencontré l’affluence que nous aurions souhaité (pour certaines questions liées à la difficile organisation du sommet des peuples notamment) a tout de même été l’occasion d’échanges intéressants avec chercheurs et membres d’associations de différents pays. Tous se sentaient concernés par ces questions d’accès à la terre en faveur d’une agriculture nourricière plus en phase avec les enjeux actuels que connaît la planète. Dans le cadre de Rio+20, la Conférence des Nations-Unies a malheureusement traité la question alimentaire en évinçant la place de l’agriculture paysanne et de proximité comme une réponse pour une politique alimentaire mondiale plus durable, au service des populations locales.

Pour plus d’informations :
http://www.agter.asso.fr/
http://www.forum-synergies.eu/rubrique16.html
http://www.terredeliens.org/
http://www.terredeliens-npdc.org/

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En bref : suites de Rio, défis à venir et initiatives à suivre

Ban Ki-moon lance le défi Faim Zéro à Rio


Extrait d’un communiqué des Nations Unies

M. Ban a énoncé sa vision Faim Zéro lors d’un événement de Rio +20 organisé conjointement par Bioversity International, la FAO, le Fonds international pour le développement agricole (FIDA), la Banque mondiale et le Programme alimentaire mondial (PAM).
« Je ne propose pas un nouvel objectif. Je partage ma vision de l’avenir. Un avenir où tous les êtres humains jouiront de leur droit fondamental à l’alimentation; où les moyens d’existence et les systèmes alimentaires sont résilients et en mesure de s’adapter aux changements climatiques », a affirmé Ban Ki-moon.
Soulignant que « Faim Zéro » serait propre à renforcer la croissance économique, à lutter contre la pauvreté et à sauvegarder l’environnement, ainsi qu’à encourager la paix et la stabilité, M. Ban Ki-moon a recensé cinq objectifs dans le cadre de cet enjeu. Il s’agit :

  • d’ouvrir à 100% l’accès à une nutrition adéquate ;
  • d’éradiquer la malnutrition chez les femmes enceintes et la petite enfance ; de mettre fin aux retards de croissance des enfants âgés de moins de deux ans ;
  • d’assurer la viabilité des systèmes alimentaires ;
  • de favoriser la croissance de la productivité et des revenus des petits exploitants, en particulier des femmes ;
  • et de limiter le gaspillage.

L’ONU propose des nouveaux mécanismes de financement du développement


Extrait d’un communiqué de l’ONU

Robert VOS, du Département des affaires économiques et sociales de l’ONU (DESA) : «  il est temps d’examiner d’autres façons de mobiliser les ressources pour financer les besoins de développement et faire face à des défis mondiaux, tel que les changements climatiques », a-t-il ajouté. « Nous proposons plusieurs solutions pour lever les fonds grâce à des mécanismes internationaux, tels que des taxes sur les émissions de gaz carbonique, le transport aérien ou les transactions financières ».
Le rapport indique que même si les initiatives de financement existantes fonctionnent, les perspectives de les renforcer et de les multiplier sont trop limitées pour répondre aux besoins de financement des projets de développement pour les décennies à venir.

« De telles taxes sont économiquement fondées, puisqu’elles contribuent à stimuler la croissance verte et à réduire l’instabilité des marchés financiers. Ces mécanismes aideront les bailleurs de fonds à surmonter leur historique de promesses non tenues pour le bien commun », a précisé M. Vos.

Selon le DESA, une taxe sur les transactions financières serait également utile pour réduire la marge de profit et donc le volume des transactions informatisées de haute fréquence qui peuvent être nocifs pour les marchés financiers. Une telle taxe permettrait également de taxer un secteur qui échappe largement à la contribution collective.
« La taxe sur les transactions financières est progressive, puisqu’elle touche moins les pauvres qui n’effectuent pas beaucoup de transactions avec les institutions financières que les personnes fortunées. Elle est techniquement faisable et économiquement justifiée. » Selon le DESA, elle permettrait de lever les fonds nécessaires pour le développement au niveau mondial.

Le PNUE lance une initiative mondiale pour des villes économes en ressources


Plus d’infos sur le site du PNUE

L’Initiative mondiale pour l’utilisation durable des ressources urbaines viendra appuyer les efforts de durabilité dans les villes grâce aux activités suivantes :

  • Promouvoir la recherche sur la gestion et la consommation durable des ressources, ainsi que sur la production durable.
  • Fournir un accès et des conseils en matière d’expertise technique aux administrateurs de villes, renforcer les capacités et les possibilités de financement des projets ayant pour but d’améliorer la gestion des ressources naturelles en milieu urbain.
  • La création d’un réseau de villes et d’organisations dont le but sera d’échanger des expériences et des analyses scientifiques de projets pour un bénéfice mutuel.

Plusieurs villes y ont préalablement pris part : Sao Paulo, Malmö, Heidelberg, la ville de Quezon, Gwangju. Le Japon, le Brésil, la France et les Etats-Unis ont exprimé un intérêt national pour l’initiative.
Dans l’ensemble, le rapport du PNUE présente plusieurs facteurs favorisant la réussite d’une transition des villes plus durables:

  • L’intégration : les villes doivent aller au-delà de la simple évaluation analysant l’impact d’un nouveau projet de développement sur l’environnement. En plus de l’approche de conservation de la nature, il faut aussi prendre en compte l’habitabilité des villes et l’égalité sociale.
  • La Gouvernance : la lutte contre le changement climatique et la promotion de l’écologie urbaine nécessite une approche consultative intégrée, impliquant les communautés locales et les groupes de la société civile, ainsi que les décideurs.
  • La planification urbaine intelligente : soutenir les systèmes ayant une faible empreinte carbone – les transports publics, les zones piétonnes et les pistes cyclables – et promouvoir le développement urbain multi-usage.
  • Les finances : les incitations fiscales et les subventions peuvent être utilisées pour stimuler l’utilisation des technologies vertes…
  • Le transfert de technologie : le transfert des technologies et des compétences vers les pays en développement devraient être adapté aux contextes locaux et non pas simplement un copié/collé de ce qui est pratiqué dans les économies développées. Le renforcement des capacités de gestion et d’entretien est un élément important pour garantir le transfert des technologies et des compétences.
  • L’innovation: Soutenir et/ou créer des organes d’enseignement et de recherche qui peuvent soutenir le développement des compétences, des capacités et des réseaux.
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Le PNUE et le Comité des Régions de l’UE signent à Rio un partenariat pour des villes et des régions durables

Par Jean-Christophe Lipovac, Cerdd

En marge de Rio + 20, le PNUE (Programme des Nations Unies pour l’Environnement) et le Comité des régions ont signé le 22 juin (dernier jour du Sommet)  un mémorandum d’entente annonçant ainsi une nouvelle phase de coopération entre les deux institutions.
Le mémorandum souligne l’importance de placer la notion de villes durables au cœur de la stratégie de développement durable à l’échelle mondiale. Cet accord renforce la conviction exprimée par les deux institutions quant à la nécessité d’accroître le rôle des collectivités locales et régionales dans le processus de prise de décision politique en faveur de la durabilité.

Pour rappel, le Comité des Régions est l’Assemblée des représentants des pouvoirs locaux et régionaux de l’Union Européenne. Le Comité des Région est consulté par les Institutions Européennes dans les domaines de décision politique concernant les régions et les villes d’Europe.
Pour le PNUE et le Comité des régions : « les décisions relatives aux marchés publics ainsi que les décisions politiques prises à l’échelon local sont susceptibles de peser dans la poursuite de l’objectif d’économie verte et d’apporter une contribution décisive à la réalisation des objectifs de la conférence Rio+20 ».

Dans ce cadre de cette coopération étroite, la priorité est donnée à cinq domaines :

  • la gouvernance environnementale à multi-niveaux
  • l’économie verte et l’utilisation efficace des ressources ;
  • l’adaptation au changement climatique et son atténuation ;
  • la biodiversité et la gestion des écosystèmes ;
  • Et enfin, la coopération décentralisée pour le développement.

Pour Mercedes Bresso, Présidente du Comité des régions, avec qui nous avons pu échanger, il est indispensable de construire un dispositif institutionnel plus fort, en matière de gouvernance mondiale, des ressources naturelles de notre planète.

Pour aller plus loin : http://www.cor.europa.eu/en/news/events/Pages/rio-20.aspx

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Retour sur… le Side-event sur les financements innovants pour le développement durable

Par Nathalie Holec, Conseil Régional Nord-Pas de Calais

La France a organisé le 22 juin un « événement de haut niveau » (titre consacré) portant sur les « financement innovants au service du développement durable ». Un groupe pilote sur les financements innovants a été mis en place au sein des Nations Unies, constitué par 63 Etats qui souhaitent explorer et proposer de nouveaux financements pour le développement durable en lien avec des ONG, des fondations, des partenaires privés.

La France en est le secrétaire permanent. Elle a défendu dans cet atelier, au travers de la parole du Ministère des Affaires Etrangères (M. Jean-Marc Chataignier, directeur adjoint à la mondialisation), la mise en place de tels financements qui doivent avoir pour caractéristiques :

  • d’être plus stables et prévisibles,
  • de s’appuyer sur des activités mondialisées (tourisme, communication …), 
  • de s’inscrire dans une gestion multilatérale et une gouvernance multiple 
  • mais surtout de venir en complément des flux traditionnels d’aide publique au développement.

Rio+20 marque le retour dans les débats de la taxe sur les transactions financières
Elle a notamment soutenu la mise en place d’une taxe sur les transactions financières, adoptée jusqu’à présent par 40 Etats, dont une partie des revenus devrait être affectée à la solidarité internationale et au développement durable.
Le commissaire européen à l’environnement, Janez Potocnik a rappelé que les pays ne tenaient pas leurs engagements en matière d’aide publique au développement (0,41% du PIB au lieu des 0,7% prévu). Il a fait état des nouvelles sources de financements, tels que la taxe sur les transactions financières, dont l’Europe souhaite l’application aux pays du G20, et le Fonds vert pour le climat lancé en 2010 lors de la conférence de Cancun, qui doit mobiliser 100 milliards de dollars/an jusqu’en 2020 pour aider les pays en développement à atténuer et s’adapter au changement climatique.

Le Ministre belge de la Coopération au développement, Paul Magnette, a réaffirmé la nécessité d’honorer les engagements pris mais également de trouver des financements propres qui soient affectés aux biens communs. C’est ainsi que la Belgique affecte 20% des gains à la loterie à un fonds sur la sécurité alimentaire. La Belgique a par ailleurs adopté une taxe sur les transactions financières et possède depuis 2007 une taxe sur les émissions de CO2.

La dette du Nord : 1000 milliards  de dollars

Eva Joly s’est ensuite exprimée en tant que présidente de la commission Développement du Parlement européen. Pour elle, la source la plus importante de financement réside dans une juste répartition des revenus liés à l’exploitation des ressources naturelles et minières. Les fonds illicitement prélevés par les pays développés au travers des multinationales qui exploitent les ressources des pays en développement (Mali, Zambie, Mozambique…) s’élèvent à 1000 milliards de dollars. Une aide au développement efficace passe donc par une aide apportée à ces pays pour renégocier les contrats passés avec les multinationales et par une fiscalité juste limitant l’évasion fiscale.

Ce point de vue a été largement partagé par la Ministre du Développement International de Finlande pour qui l’augmentation des apports internationaux passe par la lutte contre les paradis fiscaux et donc une amélioration de la législation et de la gouvernance de ces pays (lutte contre la corruption) et une plus grande transparence exigée des multinationales. La Ministre du Développement International norvégienne a confirmé que l’argent illicite sortant des pays représentait 10 fois plus que l’argent entrant sous la forme d’aide publique au développement et qu’il fallait avant tout limiter les sorties.
La Présidente d’Oxfam International, Mary Robinson, a insisté sur la nécessité de garantir des fonds réguliers pour que les pays en développement développent des stratégies de lutte contre le changement climatique et puissent atteindre le DD et sur l’importance de veiller à ce que les nouvelles taxes n’aient pas un impact négatif sur les populations les plus fragiles.

Conclusion provisoire…

En guise de conclusion à ce side event plutôt institutionnel, qui a également vu intervenir les Robins des Bois, défenseur de la taxe Robins des Bois, mais aussi l’ex-ministre des Finances de Zambie dénonçant l’emprise de la Banque Mondiale et du FMI sur les finances de son pays (en plus de celles des multinationales), trois points me semblent à retenir :

  • les pays développés doivent tenir leurs engagements en matière d’aide au développement
  • la lutte contre les paradis fiscaux doit être une priorité,
  • de nouvelles opportunités de financements innovants doivent être trouvées en complément de la traditionnelle aide publique au développement.

Sur ce sujet, lire également l’extrait du communiqué de l’ONU « L’ONU propose des nouveaux mécanismes de financement du développement »

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Retour sur… l’intervention de Jacques Parent sur Rio+20 devant l’Assemblée des élus du Département du Nord, le 25 juin

Un article de Jacques Parent,

En 1992, à Rio, au 2ème sommet de la terre, la communauté internationale avait pris acte des graves menaces pesant sur l’environnement. 20 ans après, les dirigeants de la planète se sont retrouvés, moins nombreux, au même endroit.

Sur les 194 pays que compte la planète, 137 délégations étaient présentes à Rio +20, mais seule une vingtaine de chefs d’État ont fait le déplacement. Parmi eux, notre Président de la République accompagné de plusieurs ministres : Laurent Fabius (Affaires Etrangères), Pascal Caufin (Développement), Benoit Hamon (Economie Sociale et Solidaire), Nicole Bricq (Environnement). En venant à Rio, le 20 juin dernier, François Hollande a montré l’importance que donnait la France à la question environnementale.

(…)

A Rio en 1992, 3 conventions-cadres avaient été signées sur le climat, la biodiversité et la diversification. C’est à Rio qu’est né le concept d’Agenda 21, des actions concrètes à différentes échelles pour protéger le XXIième siècle. C’est aussi à Rio qu’est apparu le terme «penser global et agir local». Rio 92 est de ce fait devenu un mythe.

Mais 20 ans plus tard, la situation de la planète n’a cessé de se dégrader. De nombreux rapports l’attestent.

Dans un contexte difficile, le Président de la République a eu le courage de venir à Rio rappeler les objectifs de la France : un accès plus universel aux énergies renouvelables, la sécurité alimentaire, la préservation des ressources naturelles, le soutien à l’économie verte sous toutes ses formes, en particulier l’économie sociale et solidaire… Le Président de la République a indiqué la nécessité de définir de nouveaux indicateurs plus pertinents que le PIB et de nouveaux modes de financements innovants. Il a affirmé sa volonté de mettre en œuvre la transition écologique et pas seulement la transition énergétique.

(…)

Comme nous le pressentions, le texte Rio +20 est décevant, parce que pas à la hauteur des enjeux auxquels notre planète est confrontée. Les différents pays ont défendu leurs intérêts particuliers au nom des souverainetés nationales et le résultat obtenu correspond à un plus petit dénominateur commun. Nous espérions une organisation mondiale de l’Environnement au même titre que l’OMC et le FMI avec des moyens humains et budgétaires significatifs. Il faudra attendre…

Un seul point positif à tirer de ce texte consternant : l’engagement de se fixer des objectifs de développement durable par pays d’ici 2015 et en corollaire l’affirmation du rôle fondamental des collectivités locales. En s’engageant au début de cette année à recevoir à Lille en novembre prochain les départements de France sur le thème du développement durable, le Président Kanner a été visionnaire : notre département et les départements de France doivent en effet prendre une part active dans la mise en œuvre des O.D.D comme on dit dans le jargon des Nations Unies. Car le département est une collectivité de proximité qui dans le cadre de son projet de contractualisation favorise l’initiative locale.

Face à la crise, il convient de ne pas repousser le développement durable à plus tard, mais d’en faire un levier de changement de nos modes de production et de consommation.
(…)

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Le Nord-Pas de Calais s’engage pour l’avenir de la Planète

« Rio – 20 », « Rio en vain », « on a enterré Rio », « Sommet de la Terre brûlée »… les grands titres n’ont pas manqué de souligner l’échec des négociations internationales. Appuyant, au passage, la grande défaite de ce Sommet : l’absence de mobilisation de l’opinion et l’indifférence générale. Seules exceptions à ce marasme, quelques photos du Sommet des Peuples, conjuguant art et mobilisation, et la déclaration du WWF, qui souligne quelques unes des avancées parallèles au Sommet officiel. Nous l’avons déjà beaucoup écrit dans les précédentes éditions de cette lettre, la Délégation Nord-Pas de Calais Rio+20 a voulu y croire jusqu’au bout, tout comme elle refuse de baisser les bras. Plus qu’ailleurs, compte tenu de notre héritage, nous devons trouver les moyens de nous remobiliser et d’aller, ensemble, vers une seconde étape du développement durable.

Par l’édition de cette lettre d’information tout d’abord, qui continuera, certes moins fréquemment, à relayer ce qu’il se dit, se passe en matière d’avancées internationales. Qui se concentrera dans les mois à venir sur les suites de Rio et du projet Trajectoires Développement Durable en Nord-Pas de Calais…

Car c’est là le deuxième engagement de cette Délégation, dont chaque membre a réaffirmé l’importance  vendredi 29 juin, à l’occasion d’une rencontre de décryptage du Sommet : il s’agit désormais de faire vivre l’après-Rio en Nord-Pas de Calais. Plusieurs voies sont en train de se préciser : charte des responsabilités universelles, forum permanent du développement durable, pour celles qui étaient déjà connues avant le départ de la délégation, mais aussi désormais les Objectifs du Développement Durable, et des partenariats multilatéraux entre, notamment, les structures participantes à la Délégation.

Tandis que la Déclaration finale « l’Avenir que nous voulons », ainsi que les gouvernements, reconnaissent la nécessaire implication de la société civile, il nous revient désormais de nous organiser localement, régionalement, pour donner corps à ce Sommet et à ses quelques engagements, pour préciser quelles seront nos contributions à la diffusion du développement durable… Pour qu’à la prochaine grande échéance internationale, en 2015, nous soyons sûrs d’avoir engagé de véritables transitions sur nos territoires et dans nos entreprises !

Prochains rendez-vous à l’automne, avec entre autres, les Assises Nationales de la Biodiversité en septembre à Grande Synthe, les Journées Annuelles Développement Durable et Entreprises (JADDE) en octobre, et la World Forum Lille en novembre… sans compter, la sortie du bilan/perspectives du développement durable en Nord-Pas de Calais : Trajectoires et Transitions.

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L’insoutenable légèreté du Sommet

Billet d’humeur Par Emmanuel Cau, Vice-Président du Conseil régional Nord-Pas de Calais

« Insincère », « nul », « hors sol », « affligeant »… tout a été dit, écrit, crié sur la déclaration finale de ce sommet. Une évidence, le monde a changé en 20 ans et le texte est passé à côté, il est consternant sur l’état de la planète – ressources naturelles, énergie, pauvreté, etc –, et donc les « réponses » apportées sont : la technologie et le marché régleront tout. C’est une nouvelle partie du jeu « richesses du monde » qui est proposée.

Le « draft » initial était composé de 19 pages. Aimantant l’ensemble des points de désaccords il est passé à 240, puis 80 et enfin 49… Les désaccords ne s’effaçaient pas, mais la logique de la recherche d’un accord était en route, celle de la recherche de l’unanimité (enjeu pour le Brésil, pays en charge du Sommet), et la négociation s’opérait donc autour du plus petit dénominateur commun.

Petites perles et bégaiements

Le texte comporte de nombreux souhaits, sans mandat ni calendrier. De nombreux bégaiements de Johannesburg (« nous réaffirmons »…). De la légèreté (« énergie durable pour tous »)…

Le principe de responsabilité commune est affirmé mais condamné par la volonté de préserver les souverainetés nationales.

Le point de vue sur l’agriculture est archaïque, vu sous l’angle lui aussi du marché et de la technologie. « Son rôle dans la qualité du fonctionnement des écosystèmes, la limitation des conséquences des cataclysmes naturels, les activités induites, la protection de la diversité génétique… n’est absolument pas pris en compte ! Si la question de la qualité de la nourriture est mentionnée, aucun des problèmes sérieux pouvant l’affecter (intensification des cultures et des élevages, gaspillage de l’eau, rejets de polluants, usage des pesticides, questions des OGM, des agrocarburants,…) n’est abordé sérieusement. » (Gilles Boeuf, Président du Muséum national d’Histoire naturelle et Jean-Patrick Le Duc, Délégué aux relations internationales du Muséum national d’Histoire naturelle).

Des perles comme l’article 39 « Nous reconnaissons que la Terre et son écosystème constituent notre demeure et que l’expression de Terre Mère a cours dans de nombreux pays et régions, et nous notons que certains pays reconnaissent les droits de la nature dans le cadre de la promotion du développement durable. Nous sommes convaincus que pour parvenir à un juste équilibre entre besoins économiques, sociaux et environnementaux des générations actuelles et futures, il est nécessaire de promouvoir l’harmonie avec la nature. » A ce moment, une larme est autorisée…

 Alors, qu’est-ce qu’on fait maintenant ? On se salit les mains, on se raccroche aux branches, on se re-mobilise.

On se salit les mains

Par exemple sur l’économie verte. Ce chapitre est si transparent, que la diversité biologique n’apparaît pas (quand 50% de l’économie mondiale repose sur l’utilisation de la diversité biologique). Allons-nous donc continuer à bétonner les zones humides et à polluer l’eau tout en construisant des stations d’épuration ?

Ne laissons pas à d’autres le soin d’élaborer les attendus, la définition et les objectifs de l’économie verte. Son cahier des charges doit s’appuyer sur la préservation – et le développement ! –, des services fournis par la nature. Sans être monétarisée, la nature doit être valorisée, rendue visible donc incontournable. Il en va de même pour l’ensemble des biens communs : santé, solidarités, justice, culture et connaissance, le génome humain, etc.

Les grands groupes économiques et leurs relais nationaux n’ont pas voulu aborder ce sujet à Rio, on peut en profiter, le faire nôtre, ne pas nous faire spolier comme le DD a été entarté ou sédimenté.

L’alliance homme-nature doit assujettir l’économie, pas l’inverse.

On se raccroche aux branches et on se re-mobilise

Il y a quelques « avancées», alors on s’en sert. Grâce à l’implication des syndicats, un chapitre est consacré au travail décent et à la protection sociale. Cette mobilisation et cette participation syndicale doit être amplifiée en région.

Le paragraphe (158) sur l’Océan (si, si il n’y en a qu’un…) est l’une des brèves lueurs du texte : « nous nous engageons à protéger et à régénérer la santé, la productivité et la résilience des océans et des écosystèmes marins, et à maintenir leur biodiversité en assurant leur conservation et leur exploitation durable pour les générations actuelles et futures. Nous nous engageons aussi à appliquer efficacement une démarche écosystémique et l’approche de précaution dans la gestion des activités influant sur le milieu marin, dans le respect du droit international, afin de tenir les engagements pris concernant les trois dimensions du développement durable ». Mais il ne s’agit pas encore de décision, de révision du droit en haute mer. L’océan saura-t-il attendre ?

Une nouvelle instance politique de haut niveau est actée sur la gouvernance mondiale du DD, tandis que le renforcement du PNUE viendra réappuyer la place de l’environnement dans le DD. L’évolution et l’élargissement de l’ECOSOC étaient tout d’abord pressentis (seuls 54 pays y sont représentés, sans représentation de la société civile). Finalement, c’est la Commission de développement durable des Nations unies (CDD) qui cèdera la place à ce forum inter-gouvernemental. Le rôle consultatif et la participation des représentants de la société civile (accrédités auprès des Nations unies) au niveau international seront renforcés, tout en conservant le caractère intergouvernemental des débats. Mais pas de calendrier dans le texte…

On arrête de donner corps à « l’environnement ça commence à bien faire », de signer des autorisations de faire comme avant, à Penly ou au large de la Guyane, de privatiser les biens communs. L’argent existe si on cesse cette privatisation, si on réoriente nos budgets (comme le nucléaire civil et militaire par exemple) au profit de l’éducation, de la recherche, de la biodiversité, du climat, de l’agro-écologie… Ces orientations ne sont pas seulement des solutions pour demain, mais aussi des réponses aux urgences de court terme : il est quand même plus facile de créer des emplois en réhabilitant les logements que de faire venir des usines ; moins coûteux de prévenir que de réparer.

Action et résultats

Sur la biodiversité, la désertification et la forêt, on se raccroche à Nagoya et à ses suites, on ne baisse pas pavillon en Nord-Pas-de-Calais.

On se met en ordre de marche pour élaborer les Objectifs de Développement Durable (ODD), quantifiés et chiffrés (un Agenda 21 et la SNDD doivent maintenant être chiffrés).

Nous ne partons pas de rien en région, les volets climat et TVB du SRADT, comme le SRCAE et le SRCE à venir, comportent déjà des objectifs concrets et phasés dans le temps ; et notre travail sur les indicateurs est en pointe (l’ARF s’en est saisi).

Une fois listés et construits, ces objectifs doivent être sujets à sanction si ils ne sont pas atteints, car pour les (pays) pauvres la sanction est déjà à l’œuvre (déplacés environnementaux, catastrophes naturelles, famines, santé, guerres de l’eau, du pétrole, etc)

Les 3 prochaines années (calendrier onusien) doivent être actives et en partenariat avec le Sud en s’appuyant sur nos coopérations avec nos amis Maliens, Sénégalais, Malgaches, Marocains et Brésiliens.

Bref, on perd 3-0 à 10 minutes de la fin, on mouille le maillot, on est solidaire, un jeu court et rapide (on ne balance pas le ballon à un avant centre esseulé dans la défense en béton), on claque 3 buts, le 3e dans le temps additionnel (le soleil se calme), on se qualifie pour le 21e siècle. Ce sont les plus beaux matchs.

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Visite enthousiasmante d’une favela qui s’organise !

Par Benoît Bourel (Université catholique de Lille), Franck Sprecher (CJD), Angélique Vincent (Lianes coopération) et Julie Nicolas (Cerdd)

Une trentaine de personnes de la délégation Club France Rio+20 a été accueillie par le Président de l’association, Equilibrio Sustentavel. L’association se base sur le principe que la communauté doit s’approprier et concevoir  les projets de changement pour construire son avenir. Le but final est de faire de la favela une vitrine du développement durable.

Recherche appliquée à l’échelle de la communauté des favelas

Georges Escribano, psychologue, enseignant et chercheur, réalise d’abord une présentation des travaux de l’association qui n’existe que depuis deux ans : au sein même de la favela, elle est gérée par des bénévoles qui investissent des ressources personnelles pour développer les projets. Des bailleurs privés sont également sollicités. Effectivement, les associations brésiliennes ne peuvent s’appuyer sur les financements publics pour leurs projets et se doivent donc de développer d’autres modèles économiques…
Georges est né en Argentine et il travaille à mi-temps à Paris et à Rio. Il s’est intéressé aux favelas de Rio et a développé le modèle de la psycho-socio-économie pour porter le développement durable au cœur de la communauté. Il s’agit de prendre en compte la dimension psychique et sociale des personnes en phase avec la dimension économique.

Favela borderline

7000 personnes vivent dans cette favela. Dans les favelas, les personnes se sentent sans cesse abandonnées par l’État ou les ONG qui ne réalisent des choses que ponctuellement. Les personnes vivent dans le présent car il n’y a pas d’aide de façon constante. Ainsi, Georges décrit les habitants de la favela comme une communauté « borderline », une catégorie issue d’un travail de typologie réalisé auprès d’organisations et de pays, pour la première fois appliquée à une communauté d’individus. La communauté borderline vient du sentiment d’abandon et de la tendance de la communauté à déclencher l’abandon. D’ailleurs, les favelas sont nées d’un abandon : historiquement, les premières favelas on été créées par d’anciens esclaves, libérés par la princesse Isabelle, qui avaient été incités à s’engager dans la guerre contre le Paraguay, en échange de la promesse d’un travail à l’issue de la guerre. Une promesse jamais tenue par le gouvernement. Les anciens esclaves ont donc créé ces communautés, dans l’attente que la promesse se réalise enfin…

Cette caractéristique a incité Georges à développer le principe d’une permanence de l’action, qui commence avec la proximité entre l’association Equilibre Sustentavel et la favela, et se poursuit autour d’une processus qui s’inscrit dans la durée : un véritable laboratoire de recherche appliquée à ciel ouvert.

La méthodologie retenue requiert trois étapes :

  • diagnostic de la personnalité culturelle de la communauté vivant dans la favela (depuis plus d’un an, cette étape est en cours)
  • définition d’objectifs à partir de la manière de penser, de ressentir et de faire des personnes
  • élaboration d’un plan d’actions

Plusieurs groupes de travail se sont constitués avec la Présidente de l’association des habitants, ils ont des objectifs d’évolution de l’organisation de la favela :

  • Architecture et urbanisme (assainissement, production potagère, gestion de l’eau et de l’assainissement, gestion des déchets, nettoyage, déplacements)
  • Santé : création d’un dispensaire, d’une assurance médicale.
  • Formation professionnelle et économie (développer l’économie sociale et solidaire et la formation professionnelle)
  • Education (élever le taux d’alphabétisation des adultes, les enfants étant scolarisés ; promouvoir  l’éducation supérieure)
  • Sport : créer un centre de sport, une équipe de football
  • Culture : créer un centre culturel  (musique, salle d’exposition)

Ces objectifs sont ambitieux et aujourd’hui, l’association réussit à organiser des groupes qui se réunissent pour rassembler et descendre les déchets collégialement (la morphologie de la favela, toute en escaliers et à flanc de montagne, n’incite guère à descendre ses déchets tout en bas…). C’est une grande avancée pour la qualité de vie des habitants !

Vivante et habitée

Georges nous emmène avec son équipe visiter la favela : des escaliers de béton en colimaçons nous permettent de voir les habitations aménagées par les habitants. Des fils électriques se trouvent souvent à portée de main… Nous croisons surtout des enfants et des adolescents : les garçons jouent au football pieds nus sur un terrain réaménagé récemment par MTV, certains guident leurs cerfs-volants dans le ciel au-dessus des habitations qui se superposent sur la colline. Nous croisons très peu d’adultes, partis travailler plus bas dans la ville. Des potagers verticaux ont été créés à l’initiative d’une habitante : ils remplacent les espaces de stockage de déchets. De la même manière, une petite place a été aménagée là où se trouvait auparavant une décharge d’ordures : il s’agit de favoriser les échanges des habitants. La ville a récemment offert l’installation d’un banc de fitness comme nous en apercevons le long des places de Copacabana et d’Ipanema (l’activité sportive fait partie intégrante des modes de vie cariocas). Cependant Georges déplore que l’entretien ne fasse pas partie de l’offre ! En effet, les habitants n’ont ni la culture et la technicité nécessaires pour entretenir ce banc qui risque de rouiller avec le temps.

Une personne bénévole s’est occupée de mettre en place des groupes pour sensibiliser au VIH (et autres MST). Elle mène, avec son groupe, des actions de sensibilisation à la santé pour amener les habitants de la communauté à consulter (il n’y a pas de médecin à l’intérieur de la favela…). Un enjeu important quand l’on sait que les personnes âgées se retrouvent rapidement confinées dans leur maison de la favela dès lors que leur forme physique ne leur permet plus de dévaler ou de remonter les centaines de marches de la favela (un projet de téléphérique ou tramway doit permettre de faciliter l’accès à la favela). Ou que les filles-mères sont très nombreuses au sein de la favela…

Une autre met en place des activités culturelles. Les jeunes nous offrent un spectacle de danse pour clôturer la visite. Très souriants et fiers de présenter leur spectacle, ils rayonnent et nous sommes tous enchantés par cette visite.

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Retour sur le Global Town Hall et la journée de mobilisation des villes (ICLEI)

Le Global Town Hall a été hébergé, toute la semaine dernière, par l’un des deux pavillons brésiliens. Nombre de maires à la fois influents et précurseurs, incarnant le volontarisme politique nécessaire à la mise en œuvre du développement durable dans nos villes, se sont succédés à la tribune, avec en point d’orgue : l’intervention de Ban Ki Moon, secrétaire général des Nations-Unies, jeudi 21 juin à l’occasin du Cities Leadership day.

Non seulement les villes seront les principales victimes des effets défavorables de ce Sommet, mais de plus elles sont aussi la clé pour guider notre civilisation et notre économie vers davantage de soutenabilité. L’ICLEI, en réaction au texte de la Déclaration finale, rappelle à la communauté internationale la raréfaction des ressources naturelles, les effets des changements climatiques, l’érosion de la biodiversité… et le déclin de nos civilisations. Rappelant aussi l’espoir des Villes durables, avant le Sommet, que les décisions internationales prises à Rio puissent appuyer le développement d’une économie verte et inclusive, établir le schéma d’une gouvernance mondiale s’appuyant sur les compétences et pouvoirs indispensables à la sauvegarde des conditions de vie et des services écosystémiques.

L’ICLEI déplore aujourd’hui la dilution de l’énergie et de l’implication de la société civile dans un processus qui n’aura débouché que sur un très petit nombre d’engagements pour les États.

Les gouvernements locaux seront-ils véritablement inclus dans les négociations à venir ?

Au lendemain du Sommet, l’ICLEI s’interroge et interroge les villes : faut-il que celles-ci investissent le champ laissé vide par les gouvernements ? Mais encore, les Nations-Unies vont-elles véritablement inclure les gouvernements locaux dans la prise de décision ? Entre les  promesses formulées par la Déclaration finale et les réalités à venir (sachant que le calendrier international, avec l’échéance de 2015, sera très serré, et qu’il reste aux gouvernements et aux Nations Unies à proposer les moyens adéquats pour véritablement associer les gouvernements locaux aux prochaines négociations internationales), le gap est potentiellement  important. Preuve en est, comme le rappelle l’ICLEI : les Agendas 21 créés 13 ans avant l’entrée en vigueur du Protocole de Kyoto, la Charte de Durban pour l’adaptation aux changements climatiques signée dès 2011… 20 ans plus tôt, qui aurait dit que les villes, loin de n’eêtre qu’une part du problème, offriraient aussi une part conséquente de la solution ?

Palme du dynamisme international aux villes durables

Les villes durables se sont ainsi forgées cette conviction particulièrement bien partagée par les membres de la Délégation Nord-Pas de Calais Rio+20 : le résultat le plus remarquable de Rio+20 est sans aucun doute l’implication des acteurs dans la mise en œuvre du développement durable.

Rio+20 aura offert pour les villes durables et les membres de l’ICLEI (dont la région Nord-Pas de Calais) un certain nombre de temps forts qui feront date :

  • l’intervention du Président de l’ICLEI, David Cadman, à la séance plénière d’ouverture de la conférence de Rio+20
  • la sortie de l’étude de cas « Local Sustainibility 2012 – Taking stock and moving forward
  • le lancement de l’initiative Green Climat Cities et de la Global Initiative on Urban Resilience.

« Local is global and global is local »

C’est avec cette nouvelle variation autour du « think global, act local » que le Secrétaire Général des Nations Unies, Ban Ki Moon, a démarré son propos auprès des membres de l’ICLEI. En poursuivant : « un pays est la somme de ses villes. Si les villes ne fonctionnent pas, le pays ne peut fonctionner ». Du point de vue du Secrétaire Général, les différences s’estompent entre les gouvernements locaux et états fédérés. Par conséquent, dans notre monde globalisé, les villes jouent un rôle à la même mesure dans la diffusion du développement durable.

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Le REDE Braileira au Sommet des Peuples : enseignements de la DP à la brésilienne

Par Nicole Taquet Leroy, Conseillère Régionale

Loin de Rio Centro et du Sommet des Peuples, et pourtant au même moment, se tenait à Rio le Congrès de la participation (participaçao et sustentabilidade). Le hasard faisant parfois de grandes choses, j’ai eu l’immense chance d’y assister. Le Brésil reste pour moi le berceau de la démocratie participative, même si on la pratique dans de nombreux pays du monde, et sous des formes très diverses.

Je ne connais pas d’équivalent à leur « orçamento participativo » (qu’on peut traduire par budget participatif) pratiqué par 311 villes brésiliennes , même si nous nous essayons modestement à des budgets participatifs des lycées (modestement mais sûrement !). Les ordres de grandeur nous dépassent, et il s’agit pour la plupart d’entre eux de 10 à 15% des budgets d’investissement des villes qui sont aux mains des citoyens.

Car il s’agit précisément de cela : de citoyenneté pleine et entière.

Les intervenants l’ont répété tout au long de cette journée : les animateurs de budgets participatifs sont attachés à la compréhension par tous les citoyens des mécanismes en jeu.

Et il me semble que l’originalité de leur démarche tient aussi de leur façon de faire : théâtre, chant, musique… toutes les formes de mise en scène sont les bienvenues pour attirer et donner à comprendre. On parle beaucoup ici de modèle « freiriste » (inspiré de Paolo Freire)  En France, on pourrait rapprocher cela des techniques du théâtre de l’opprimé.

Mise en scène

La première assemblée est toujours festive : concert, chant, théâtre, etc, et repas : on boit, on mange et on partage…

J’ai tenté de me faire raconter une mise en scène pour mieux comprendre la façon dont on engage le débat au Brésil. «  Trois musiciens entrent en scène et jouent… le premier est flutiste, le second joue des percussions, le troisième de l’accordéon. Ils gagneront ensemble 3000 reals (l’équivalent de 1200 euros) destinés à remplacer leurs instruments. Le débat s’engage pour répartir les 3000 reals : on donne 1000 reals à chacun ? cependant celui qui doit remplacer son accordéon a besoin de plus que celui qui doit remplacer sa flûte… le flutiste et le percussionniste pourraient donner 300 et 400 reals chacun, ce qui permettrait à chacun de remplacer son instrument ? Le débat a lieu avec la salle. Une pure démarche d’éducation populaire.

Ce n’est qu’en second lieu qu’on aborde le débat sur les investissements à réaliser.  On fait émerger trois propositions qui seront soumises au vote. Et on élit dans la foulée les représentants de ces trois propositions (ceux qui les défendront le mieux).  Puis vient une étape de formation de ces délégués. Le but est que les délégués réussissent à prendre la parole et à débattre (là aussi on utilise la méthodologie « freiriste »).

Les délégués partent ensuite en  « caravanes » : destinées à faire le tour des réalisations déjà engagées ou en cours, pour rendre compte .

On évite les prises de décisions pendant les années électorales (années paires) pour éviter le lobbying qui pèse là bas (comme chez nous d’ailleurs…).

Des assemblées par groupes sociaux

Chaque région a expliqué son mode de fonctionnement. J’ai particulièrement été interpellée par l’expérience de Fortaleza, au Nord Est du Brésil, qui organise des assemblées à public visé depuis 2005 : les gays, les femmes, les vieux, les jeunes , … pour faciliter l’expression publique et déconstruire les préjugés , sans inquiétude des regards des uns ou des autres .

Plus encore qu’ailleurs au Bresil, Fortaleza a utilisé des techniques « freiristes » en faisant appel à Cesar Munoz qui a travaillé avec les écoles et les enseignants. Les budgets participatifs sont ouverts aux enfants à partir de 6 ans ! On considère là bas, que les enfants ne sont pas « dans la salle d’attente de l’âge adulte », mais qu’il faut les considérer aujourd’hui pour ce qu’ils sont, et non pas seulement pour ce qu’ils seront demain. La dimension théâtrale est ici très importante.

Ce projet particulier est accompagné par des ONG qui veillent particulièrement aux droits des enfants (35% de la population a moins de 18 ans dans cette région du Brésil).

Transferts autour du budget participatif

Enfin, l’expérience du Brésil en matière de démocratie participative s’apprête à franchir une nouvelle étape, puisque s’appuyant sur les budgets participatifs des villes, certains États se préparent à un budget participatif à l’échelle de l’Etat. C’est le cas de l’Etat de Rio Grande do Sul. Le budget dévolu à sa mise en œuvre est égal au budget participatif d’une grande ville de l’Etat ! les ambitions sont donc sérieuses….

Un réseau des villes qui mettent en œuvre le budget participatif existe au Brésil , qui a l’ambition de convaincre les autres : 79 villes brésiliennes y sont adhérentes (sur 311). Il s’agit du REDE brasileiro de orçamento participativo. L’exemple de Belo Horizonte (capitale du Minas Geraï est détaillé en français sur ce site (le reste étant en portugais) : http://www.anfermed.com.br/redeop/newop/?page_id=415

Ce réseau est ouvert aux régions de France ! Chiche ?

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Ce que je retiens de Rio+20

Par Claude LENGLET, co-directeur du World Forum Lille Institute

 Après avoir écouté Jean Pierre Thébaut et Pierre Radanne au Pavillon France ces deux derniers jours, j’en conclus que nous sommes restés dans une politique des petits pas, en repoussant à demain des décisions difficiles, que l’Europe s’isole, parce que, de fait, elle est dans une problématique différente des autres continents ou grands pays, et que les États Unis mais aussi le Brésil ont bloqué sur des questions importantes, ce qui n’est pas nouveau.

Que faire ? Il y a longtemps que je crois et constate que l’échelle régionale est la bonne pour mener ce type d’actions, nous en avons de nombreux exemples. Alors (ré)agissons d’autant plus fortement que les États ne semblent pas avoir pris conscience de l’urgence.

Une crainte ? La démobilisation

Une réflexion ? Copenhague, Durban et maintenant Rio+20 nous renvoient de plus en plus à notre responsabilité individuelle et à ce titre la Global Union for Sustainability est peut-être une belle réponse, parmi d’autres.

Le pavillon allemand prend l’eau

Après une nuit particulièrement pluvieuse, le Parc des Athlètes s’est retrouvé sous l’eau. Le pavillon allemand, en particulier, a du être fermé… Or les allemands attendaient aujourd’hui trois de leurs ministres. Les organisateurs du Pavillon français, voisin des allemands, ont été sollicités pour prêter leurs locaux qui avaient eux résisté aux intempéries… Il faut dire cependant que le pavillon allemand avait privilégié le bois et des bâches transparentes, tandis que le Pavillon français était beaucoup plus classique dans sa conception. Partis pour la conclusion du Sommet des Peuples, nous ne savons pas si, au final, la coopération franco-allemande aura fonctionné…

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Retour sur la Délégation Nord-Pas de Calais Rio+20

Par Didier Cousin, directeur territorial GrDF

Une délégation d’acteurs du Nord-Pas de Calais, riche de sa diversité, s’est déplacée à Rio…. et j’ai eu la chance d’y avoir participé. Le lendemain de notre arrivée, il fut question d’un projet d’accord minimaliste entre 130 États, ressenti très vite comme un échec par les ONG.

Notre motivation n’en fut pas pour autant altérée et nous a incité davantage encore à écouter, comprendre, partager avec les représentants du monde entier (ou presque). On peut se demander légitimement si les enjeux du Sommet officiel Rio+20 sont compris et partagés par tous les habitants du Globe ? Evidemment non… Pour un milliard de personnes, l’accès à la nourriture reste le principal souci. Et la précarité touche tous les États, dans des proportions certes différentes, mais elle est exacerbée par la crise.

Au retour de ce Sommet, nous avons donc un défi majeur à relever, celui de la mobilisation croissante de la société civile, et de la traduction du développement durable en actes concrets. Damien Carême, maire de Grande Synthe, le soulignait lors du plateau TV Territoires en Transition du vendredi 22/06/12 au Pavillon français : « je ne parle jamais de développement durable à mes citoyens… » , car leurs préoccupations ne sont pas concentrées sur le climat, mais sur les tracasseries de la vie, l’emploi, le logement, l’accès aux biens et services, la santé…

Mais à l’inverse, le développement durable est incontournable pour les générations futures. Il nous faudra donc mobiliser, vulgariser, « organiser la contamination » (dixit Pierre Radanne) en apportant des réponses simples et rapides aux attentes du quotidien.

Nous avons tous « nos » Favelas…

Chacun a vécu ce Sommet avec son propre regard. En ce qui me concerne, j’assume le qualificatif « d’éponge émotive ». La rencontre qui m a particulièrement marquée est celle avec la favela  »pacifiée » de Morro dos Prazeres (la favela des plaisirs, pacifiée il y a quelques mois), une parmi 600 existantes à Rio. Passionnant, un universitaire, Georges Escribano, qui passe sa vie entre Paris et Rio , anime la revitalisation de cette Communaute sur le principe de la psycho-socio-économie (voir le site : http://www.equilibriosustentavel.org/).

Il explique à ses nombreux visiteurs que la qualité de vie ne peut se concevoir que collectivement. La valeur naguère incontestée de la croissance illimitée à cédé la place à l’idée du Développement durable. Les projets naissent des besoins de la Communauté et plusieurs groupes de travail sont engagés avec les habitants autour des besoins exprimés : l’assainissement, les énergies renouvelables, le recyclage de déchets, mais aussi la santé (dispensaire, infirmerie, assurance médicale…), la formation professionnelle (aide à la création de commerces boutiques, …), le sport, la culture (danse), l’éducation (alphabétisation).

La visite dans les ruelles est saisissante, la jeunesse est partout, jouant au foot sur des terrains plus ou moins improvisés ou au cerf volant sur les hauteurs. Avec la présence permanente d’une police visible mais intégrée au décor.
L’un des grands défis est celui de l’éradication des dépôts d’ordure (ne plus jeter les déchets par les fenêtres..!). Et parmi nombre de projets, on a pu remarquer un digesteur de déchets ménagers pour produire du biogaz et de l’électricité, avec le réel souci de la formation des jeunes à de nouveaux métiers.
La solidarité qui jaillit de ces initiatives est frappante. Un peu d’innovation, une animation organisée, et la mayonnaise prend ! Nous avons tous « nos » Favelas. Qu’est ce qu’on attend ?

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En bref

Vallaud-Belkacem dément que Hollande ait été protégé par des agents sans armes à Rio

Source : Le Monde.fr avec AFP | 27.06.2012 à 09h39

La protection de François Hollande a été constamment assurée par des hommes armés pendant son déplacement au sommet de Rio, contrairement à ce qu’affirme Le Canard enchaîné, dans son édition du 27 juin, a affirmé, mercredi, Najat Vallaud-Belkacem, la porte-parole du gouvernement.

Comme le site de l’hebdomadaire Marianne il y a quelques jours, Le Canard enchaîné a rapporté que les membres du groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR), chargés de protéger le chef de l’Etat pendant le sommet de Rio, le 20 juin, avaient oublié leurs armes. Par conséquent, la protection de François Hollande s’est faite « à mains nues », ironise l’hebdomadaire satirique (…) Lire l’intégralité de l’article sur le site du Monde

Interview Rémi Parmentier, conseiller en environnement et ancien de Greenpeace

Par Eliane Patriarca le 22 juin 2012

Seul sujet vraiment environnemental débattu à Rio + 20, et qui semblait acquis au cours des négociations, la protection de la haute mer a finalement coulé sous les assauts des Etats-Unis et du Canada, aidés, une fois n’est pas coutume, par le Venezuela. A Rio, Rémi Parmentier, directeur de la société de conseil en environnement Varda Group, après avoir été l’un des piliers de Greenpeace durant vingt-cinq ans, revient sur les enjeux de ce projet d’accord.

Comment a émergé le sujet des océans à Rio + 20 ?

Les océans, c’était le parent pauvre des sommets de Rio en 1992 et de Johannesburg en 2002. Il s’est imposé dans cette négociation, depuis ses débuts à New York en 2011, grâce à une coalition d’ONG dont la Fondation Pew, le Conseil pour la défense des ressources naturelles (NRDC) et l’Alliance pour la haute mer (…) Lire l’intégralité de l’article sur le site de Libération

Déclaration de clôture du Sommet par le WWF

Quelques-uns des grands engagements pris en dehors de la salle de négociation à Rio incluent :

  • Les gouvernements, les banques, les investisseurs et chefs d’entreprise appellent à la valorisation économique du capital naturel. Neuf banques, les investisseurs et les assureurs (y compris Caixa Economica Federal, la Caisse des Dépôts, China Merchants Bank, Natural Australia Bank, Standard Chartered + 50 pays, dont le Botswana, l’Afrique du Sud, du Royaume-Uni + les groupes Unilever, Puma, Dow Chimique) ont lancé un appel collectif pour l’évaluation du capital naturel à Rio+20 avec la Déclaration du Capital Naturel .
  • Mozambique – Le président Armando Guebuza du Mozambique a annoncé le lancement de la feuille de route du Mozambique vers une économie verte. Le plan présente les stratégies nationales pour appliquer les principes de l’économie verte au développement urbain, à l’agriculture et aux sources d’énergie, ainsi qu’à investir dans le maintien et l’amélioration de leur capital naturel, y compris un réseau d’aires protégées terrestres et marines représentatif. Le plan sera élaboré et mis en œuvre en collaboration avec des partenaires clés à travers le monde, comme le gouvernement brésilien. »
  • Les Maldives ont annoncé la création de la plus grande réserve marine au monde. Les Maldives ont utilisé la Conférence sur le développement durable Rio +20 pour annoncer que l’ensemble des 1192 îles qui la composent deviendront une réserve marine d’ici 2017.
  • Le gouvernement britannique a annoncé que le Royaume-Uni sera le premier pays dans le monde à obliger les grandes entreprises à mesurer leur empreinte carbone. Le projet fera évaluer à plus de 1000 entreprises l’intégralité de leurs émissions de gaz à effet de serre.
  • Le Président indonésien a pris des engagements généraux pour parvenir à un «Avenir durable» en Indonésie. Finance, politique, renforcement institutionnel et coopération sud-sud ont été des thèmes clés pour les pays abritant la forêt tropicale.
  • Huit des plus importantes banques de développement au monde ont annoncé un virage dans leurs investissements en passant du financement des routes aux transports en commun, avec un projet d’investissement de 175 milliards de dollars visant à promouvoir les bus, les trains et les voies cyclables. Il s’agit de l’engagement financier le plus important pris au cours de Rio +20.
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Retour sur le débriefing du 20 juin, au Pavillon français

Le point de vue de la France sur la déclaration finale

À la fin d’une journée de discussions avec les ministres (réunion convoquée par Dilma Roussef, Présidente du Brésil), la nouvelle est tombée mardi en début d’après-midi, la veille de l’ouverture des négociations officielles et de l’arrivée des chefs d’État (au final, une vingtaine seulement seraient venus, contre plus d’une centaines attendus initialement) : le texte de la déclaration finale, celle qui sera présentée aux chefs d’état (et était d’ores et déjà disponible dans sa traduction française sur le site de l’UNCSD), est finalisé. Explications avec Jean-Pierre Thébault, ambassadeur français en charge de l’environnement et du développement durable, le mercredi 20 juin matin.

Le lendemain (jeudi 21 juin), la Délégation Nord-Pas de Calais Rio+20 rencontrait Pierre Radanne (pour le Collectif Rio+20). Nous vous invitons à vous forger votre propre avis sur la base de ces deux décryptages, ainsi que, si vous en avez le courage et l’envie, de la lecture du texte de la déclaration finale, désormais finalisé et disponible sur le site de l’UNCSD.

En tous les cas, le rendez-vous est donné aux acteurs du Nord-Pas de Calais pour partager les impressions et les enseignements des membres de la Délégation Nord-Pas de Calais Rio+20, le 29 juin à 14h à l’Hôtel de région (salon de réception). Inscrivez-vous en ligne ! 

LOCAL AUTHORITIES mises en valeur.

Nous avons donc un texte, qui n’est pas idéal, mais qui est là et qui a été réduit pour finalement arriver à une version de moins de 50 pages. Jean-Pierre Thébault a affirmé : « on peut être contents et optimistes. Cette déclaration est un document de consensus qui exprime une volonté politique forte de travailler vers l’économie verte et équitable. Ce sont aussi les éléments d’un programme de travail mondial pour les 5 prochaines années. »

L’ambassadeur de la France au développement durable a également souhaité réinsister sur la mobilisation de tous, dont la société civile et les autorités locales. La déclaration finale marque la reconnaissance à la fois de l’implication de la société civile remarquable à Rio et dans le monde, qui a pesé sur les négociations au même titre que l’Union Européenne, et d’un rôle nouveau et primordial de la société civile dans la gouvernance globale de l’environnement.

Des espoirs non enterrés et des demi-satisfactions

Un certain nombre d’avancées sont à souligner :

  • l’économie verte et équitable est reconnue, avec des conditions : les assos, entreprises, collectivités doivent participer à leur mise en oeuvre. Les acteurs économiques sont fortement mis en avant également. Partout on entend que rien ne se fera sans les acteurs économiques. Le pilier social est également mis en avant, comme étant le lien entre l’économie et l’environnement. Un socle de protection sociale minimale dans tous les pays a été entériné.
  • les Objectifs de Développement Durable sont des objectifs qui devraient tout d’abord permettre d’entériner qu’il n’y aura pas de développement sans développement durable et de partager de mêmes objectifs pour l’ensemble de la Planète. « Ce ne sont pas objectifs de rattrapage comme l’étaient les Objectifs du Millénaire (pour le Développement, OMD). Les ODD introduisent la possibilité d’inventer des chose nouvelles. »
  • concernant la gouvernance de l’environnement : la déclaration conserve un certain nombre de points d’accroches pour que l’environnement soit un pilier reconnu du DD en tant que tel, pour que désormais les pratiques le reconnaissent. Il y a également accord sur l’ambition de traiter globalement le DD depuis les Nations Unies, avec une société pleinement associée.Cependant persiste une forte frustration de nos représentants français, dont le choix s’était porté sur l’ECOSOC pour porter cette gouvernance mondiale. Cependant, l’ECOSOC souffre d’un grave défaut : elle ne rassemble qu’une cinquantaine d’États, et son ouverture nécessite un processus relativement compliqué, puisque cela nécessite de modifier la charte des Nations Unies.

Le choix effectué (nous vous renvoyons aux paragraphes 3 et 4 de la déclaration) repose sur deux orientations :

  • tout d’abord, en lieu et place de l’ECOSOC, a été créé un forum  politique de haut niveau, l’IFSD, qui sera à la fois un organe politique et pilote au niveau mondial. L’IFSD succèdera à la CSD, volontiers qualifiée de « moribonde » et certainement très peu active
  • ensuite, si le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) ne devient pas agence, il se verra toutefois renforcé selon une feuille de route qui reste à définir. La déclaration qualifie ce changement « d’upgrade ». Une Assemblée générale devra décider des nouvelles attributions et des changements institutionnels du PNUE (voir le paragraphe 88 de la Déclaration)
  • concernant les océans, qui sont devenus de plus en plus présents dans les discussions (rappelons que seulement 1,6 % des mers et océans sont protégés) : un même projet en faveur du droit de la mer, du statut de la haute mer et des aires marines protégées était partagé par 98 % des États, cependant l’obstination de trois pays a empêché d’obtenir un accord sur le sujet. Mandat est donné à un groupe de travail des Nations Unies de finaliser les travaux d’ici à 2 ans (ce qui signifiera de poursuivre les négociations avec  ces 3 pays dont nous ne connaissons pas l’identité pour le moment).
  • Mentionnons les villes durables et l’éducation, sur lesquels l’Ambassadeur à fourni quelques explications suite à une question de Béatrice Auxent qui intervenait au nom de Vivacités : les villes durables sont l’un des Objectifs de Développement Durable qu’il conviendra de définir d’ici à 2015 (l’Ambassadeur appelle à la mobilisation des acteurs de la villes durables, mais sans en préciser les modalités). L’éducation, qui trouve sa place dans un tryptique éducation/sciences/culture en tant que 4ème pilier du développement durable selon M. Thébault, a une place bien reconnue dans le texte. C’était d’ailleurs parmi les rares points d’accord du « draft 0 »..
  • enfin, les financements innovants sont repris dans le texte formellement. Reste à leur donner un contenu…

La direction est donc claire, mais elle reste à traduire en termes juridiques.

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